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 Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥

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MessageSujet: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mer 29 Sep - 16:20

Un pas en avant, trois pas en arrière. Et c’est comme s’il revivait.

La foule qui l’entoure, la foule qui l’étouffe. Ses pas sont lents, comme assourdis par les bruits environnants. Il entend des rires, des cris. Étranger. Étranger. Le mot distille son poison dans ses veines. Conscient de son corps meurtri et de son cœur douloureux. Abandonné à la désillusion, à la réalisation. Qu’il partira bientôt, sans se retourner. Un monde vide d’eux. Un monde vide d’elle, aussi. Son regard dépareillé cherche dans les silhouettes qui voguent devant lui la chevelure noire et les yeux de flamme. Un démon logé dans le dernier fantôme qu’il aimerait effleurer. La trahison marquée par le sceau de l’amour et de la protection, dans un acte désespéré qu’il ne peut se résoudre à nommer fuite. Son départ a laissé la marque au fer rouge d’une blessure qu’il ne pensait plus ressentir. Elle a emmené avec elle les murs glacés de son indifférence, pour laisser, une fois de plus, à nu, le cri de douleur et le frisson de peine qui semble décrire sa vie toute entière. Elle n’a laissé que son ombre décharnée, que son espoir désenchanté. Leur solitude partagée est devenue simple mirage, alors qu’il se débat faiblement dans les liens qu’il s’est lui-même créés. Il n’a plus la force de relever la tête sans sa présence distante. Il cède au véritable démon qui est en lui, à celui qui a soif de sang et faim de haine. A celui qui lacère un peu plus ses convictions et qui le pousse à suivre les traces de Layn. Mais sa fuite à lui ne serait le reflet d’aucun sacrifice. Il ne ferait que céder à sa faiblesse, pour ne laisser une fois de plus qu’abandon et néant derrière sa route chaotique. Il ne ferait qu’alourdir un peu plus le poids sur ses épaules, qu’assombrir encore et encore les ténèbres glacées qui l’emprisonnent.

Sa marche désordonnée st un dernier pont d’attache. Comme s’il espérait trouver quelque chose qui le retienne. Comme s’il ne pouvait se résoudre à fermer les yeux sur un village, une nation, où il n’est pourtant que pion désincarné. Sa main pousse une porte, comme dans un songe. Un geste automatique, habituel. L’environnement familier lui fait cligner des yeux. Ses cils rencontrent brièvement la peau pâle, ailes frissonnantes contre le marbre glacial de son épiderme. Ses doigts osseux se contractent un bref instant, avant d’être à nouveau engloutis sous le tissu noir de ses vêtements. Il ne semble pas à sa place dans cet endroit chaleureux. Il ne semble à sa place nulle part. Comme si l’univers auquel il appartenait a disparu avec ses rires d’enfants et avec elle. Ses gestes sont devenus souillures, ses sourires pleurs et son bonheur cruelle attente. Il n’y a plus que l’ombre de la fin qui l’attend, dans une étreinte douce et violente.

Son regard croise brièvement celui d’un garçon, au comptoir. D’un homme ? Ses yeux papillonnent et il s’est déjà détourné. A peine un léger signe de tête, une vague expression souriante. Un masque écartelé sur son visage, le vestige sanglant et faux de ses sourires d’antan. Il n’offrira rien de plus que son indifférence et ne cherchera pas à se fondre dans les joies de ceux qui l’entourent. Il s’est déjà trop écarté, trop éloigné, pour espérer un retour en arrière. Il est déjà cadavre en putréfaction, imitant les manières des vivants sans en ressentir à nouveau l’essence. Ses gestes sont quotidien et monotonie. Manger. Boire. Se battre. Dormir, un peu, quand les cauchemars s’éloignent. Si peu. Oublier, encore. Essayer d’oublier son ombre, leurs ombres. Et la nouvelle silhouette qui s’y est ajoutée, sanglante et sombre. Celle d’une amie à peine trouvée et déjà égarée. Il ouvre les yeux, affolé. Son cœur palpitant semble douloureux dans sa poitrine. Que fait-il ici ? Que fait-il ici ? Il devrait déjà partir, s’enfuir. Pendant qu’il en est encore temps, pendant qu’il est encore capable de tout abandonner. C’est à peine un frémissement qui l’agite, comme s’il souhaitait se lever et s’éloigner. Espoir tué dans l’œuf, assassiné à ses fondements. Il n’a pas la force de se relever, la puissance pour l’égaler. Il est seulement là, poupée brisée, sans volonté. Une attente dérisoire, alors que son regard accroche enfin ce qui peut l’entourer.

C’est comme un éveil. Un retour brutal à la réalité après un sommeil de leurres et de rêveries vite déchus. Le simple fait de se rendre compte qu’il est là, attentif, qu’il continue à suivre un quotidien devenu souffrance lui donne une inexplicable envie de rire. Parce que la vraie fuite est là. Dans cet endroit où il a jadis été avec eux, avec elle aussi. Dans cette tentative dérisoire de faire comme si tout était comme avant, alors que son regard triste rencontre à nouveau une chevelure flamboyante. Peut-être connue, à peine familière. Ses yeux croisent les siens et la demande implicite semble s’y lire, alors qu’il cherche vaguement quoi dire.

Il peine un moment à se rappeler les paroles à prononcer, comment parler, simplement. Ses lèvres s’entrouvrent sur un vague salut et il semble déjà baisser les yeux, comme s’il regrettait déjà de ne pas être reparti. Son visage hésitant est recouvert de l’ombre habituelle de son indifférence blessée. Il le fixe, perdu. Et abandonne, dans un soupir, la raison de sa présence ici.
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mer 29 Sep - 21:03

Un sourire sans contrainte, un sourire par envie, un sourire pour changer sa vie ....

JiiJiiiiiiiiii !! *

Suguru dénoua son bandeau qui retenait ses cheveux pour mieux le remettre. Quand il commençait à avoir chaud, ce maudit bout de tissu avait la fâcheuse tendance à glisser et il n'aimait pas ça. En plus, il ne lui restait déjà plus qu'un oeil, s'il s'aveuglait lui-même, il finirait par se couper une main !! Bon, même avec son oeil il en serait capable mais mieux vaut ne pas en parler pour ne pas faire fuir la clientèle ! A cette heure-ci, il n'y avait pas grand monde et comme chaque jour depuis plusieurs semaines, le rouquin observait toujours avec attention les gens qui passaient dans la rue de l'autre côté des vitres abîmées et petites. Il était parfois si concentré sur cette tâche qu'il en oubliait les autres. Mais il pouvait toujours compter sur son gentil grand-père et son coup de poêlon sur le derrière de la tête pour le remettre dans le droit chemin. Voilà pourquoi Suguru beuglait en ce massant l'arrière du crâne, fusillant du regard son ancêtre qui lui offrit un sourire narquois en retour.

Vieux chnoque, t'vas finir par m'ouvrir le crâne !!!

Vieux quoi ?

Le poêlon se leva bien en vue et Suguru préféra faire un repli stratégique, quittant l'arrière cuisine pour gagner la petite salle, s'installant derrière le comptoir où il pourrait y cuisiner des nouilles sans la moindre menace au dessus de sa tête. Mais il avait quand même mal et il savait déjà qu'il finirait avec un nouveau mal de crâne avant la fin de la journée. Son débile de grand-père finirait par le tuer !!

Il soupira telle une âme en peine et si tôt qu'il se mit aux fourneaux face au peu de clients présents, si tôt il récupéra son sourire et sa joie de vivre. Les habitués n'étaient plus surpris des disputes entre le grand-père et le petit-fils. L'ambiance était toujours bonne et chaleureuse et on s'y sentait comme en famille. Le rire de Suguru résonnait très souvent à l'intérieur de la petite échoppe et son sourire était enchantait les gens. Il respirait la joie de vivre et il savait que ça faisait du bien aux shinobis qui pouvaient passer par ici. S'il leur permettait d'oublier un peu les choses qui étaient douloureuses et difficiles, ça lui convenait !!

D'un geste assuré né de l'habitude, le jeune homme faisait aller et venir des nouilles entre ses baguettes afin qu'elles soient cuites correctement, sans risquer de coller et qu'elles soient délicieuses à déguster. Même s'il aimait râler, il adorait ce qu'il faisait et ne changerait cela pour rien au monde. Et puis travailler ici lui permettait de rencontrer du monde, notamment cet homme qui venait parfois. Il n'était plus venu depuis un moment. Était-il en mission ? Un sourire un peu amère lui échappa. La vie d'un ninja n'était pas tranquille. Personne ne pouvait savoir si un homme reviendrait en vie.

La porte s'ouvrit et le sourire amère disparut remplacé par un sourire éclatant et sincère. Un sourire plein d'enthousiasme alors qu'il saluait le nouveau venu. Subaru Masora. Il était enfin revenu. Cet homme au regard si vide, parfois si douloureux, cet homme que Suguru s'était pris à affectionner comme ça, sans rien demander en retour. Il l'observa, remarquant ces petites choses qui pourraient passer inaperçues aux yeux des autres mais que Suguru notait avec un pincement au coeur. Il était venu et le rouquin ferait de son mieux pour qu'il passe un bon moment, quitte à lui raconter n'importe quoi. De toute façon, le gamin était connu pour pouvoir faire la conversation seul !!

Masora-san !! Ça f'saisait longtemps ! - l’accueillit-il d'un large sourire en l'invitant à prendre place au comptoir alors que les petites tables étaient déjà relativement prises. En même temps, il n'y en avait que cinq qui pouvaient accueillir deux à quatre personnes. C'était vite fait !!

On a plein de nouveautés à la carte et on a rajouté quelques desserts succulents !! - continua-t-il en lui mettant derechef une carte dans les mains sans même lui laisser le temps de refuser. Il était là, il ne partirait pas !! J'vous laisse choisir et j'm'occupe de vous !! Et hop, il sortit ses nouilles, les mit dans deux bols, ajouta les garnitures, mit le tout sur son plateau et alla les servir à une table juste derrière Subaru, échangeant quelques mots avec les clients, n'hésitant pas à rire avec eux et à répondre aux taquineries jusqu'à ce que son grand-père ne vienne le tirer par l'oreille - à se demander comment il s'y prenait le vieux vu la taille crevette qu'il faisait !!! 1m45 à tout casser !! - pour qu'il laisse les clients tranquilles et qu'il retourne à son comptoir. Une râlerie et une vacherie plus tard - suivies toutes deux d'un coup de cuiller à bois derrière le crâne - Suguru était de retour face à Subaru, un large sourire amusé aux lèvres. Mine de rien, ces batailles avec son grand-père l'amusaient même si parfois, ça faisait mal !!

Alors ? Dites-moi ce qu'il vous ferait plaisir !



* version familière de ojii-san qui signifie grand-père
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Dim 17 Oct - 21:42

Sa lumière, brûlante et chaleureuse, contre les ténèbres glacées de sa froideur.


Ses mots s’écoulent avec naturel. Comme s’il lui était familier. Comme si sa venue ici était habituelle. Normale. Sa poitrine se serre vaguement, douloureusement. Un face-à-face. Un miroir aux couleurs inversées, aux valeurs opposées. Son regard effleure le bandeau sur l’œil gauche, comme toujours. Là où l’émeraude laisse place au néant. Là où la seule blessure qu’il a pu s’autoriser a pris place sur son visage, pour ne plus laisser que le pétillement chaleureux d’une orbe qui semble le brûler là où elle se pose. Il ne peut détourner le regard de cette blessure si semblable à la sienne. Un mal muet et déchirant qui le remue tout entier, qui accompagne ses pensées de l’aigreur de ses sentiments. Il lui semble si différent. Lui-même est si étranger. Il le voit se détourner, voudrait s’échapper.
Mais il y a un geste, un sourire et il reste prisonnier. Cloué sur place par une volonté qui fige la sienne. Il fixe la carte posée entre ses mains, sans vraiment la voir. La voix chaleureuse, bruyante, retentit encore, alors que les autres sons deviennent simples bourdonnements. Ses sens sont tous dirigés vers la mélodie enjouée de ses mots, vers les claquements saccadés de ses pas.

Il essaie de se rappeler son nom. Une évidence, un froncement de sourcil. Il l’entend, dans un grondement menaçant, alors que Suguru subit une fois de plus les foudres du vieil homme. Il voudrait grimacer un sourire, retenir un soupir. L’amusement a déserté depuis trop longtemps ses expressions pour qu’il puisse seulement rire d’une maladresse qu’il aurait pu trouver charmante. Un tic presque imperceptible fait trembler ses mains. C’est un geste instinctif, primaire. L’envie de fuir. De partir sans se retourner. Il se sent étranger une fois de plus. Une ombre qui n’a pas sa place là. Une souillure, un objet, un homme trop meurtri pour seulement espérer trouver un semblant de réconfort dans la chaleur artificielle de cet endroit. Un tremblement le hisse un peu plus en avant sur sa chaise, alors qu’il voudrait s’élancer, presque. Mais il est de retour. Devant lui. Souriant. Subaru lève timidement la tête. L’émotion qui l’étreint fait blêmir ses joues déjà cadavériques. Il ressemble à un fantôme. Trop pâle. Trop sombre. Aveuglé par une lumière qu’il n’ose pas effleurer, qu’il ne s’autorise pas à regarder. Il n’est pas fait pour côtoyer la joie et la pureté des êtres comme lui. Il n’est pas fait pour être traité avec joie et bonne humeur. Il n’est pas fait pour vivre, tout simplement. Il est né pour aimer, pour mourir. Il a vécu pour pleurer, pour souffrir. Et c’est bien assez.

Il est hissé au-dehors, pourtant. Sa faiblesse a déjà craquelé et gravé l’édifice de sa vie de ses éclairs déchirants. Il n’a jamais été assez fort, assez dur pour seulement ôter de sa route les innocents et les bourreaux. Il salit les uns, étreint les autres. Ironie d’un destin qui ne l’a laissé respirer que pour mieux l’étouffer. Il aimerait accepter une bouffée d’air frais. Un sourire lumineux et un regard chaleureux. Alors il cède. Parce qu’il est le plus faible, le plus fragile. Sa place n’est que le fruit du hasard.

- Je vous laisse choisir à ma place.


Sa voix est claire, rêveuse. Ses iris sont déjà vitreux, alors qu’il baisse à nouveau la tête. Les mèches couleur ébène effleurent la soie de son visage et ses doigts frôlent le dessous de la table en des gestes maladroits. Son mal-être semble respirer par tous les pores de sa peau, comme un venin qui viendrait anéantir les derniers espoirs de guérison. Il ne peut cacher un ressenti qui l’avilit et le terrasse. Ses gestes, son essence même sont les reflets de sa conscience troublée. Il n’a jamais caché sa douleur, n’a jamais muselé sa souffrance. Sa folie n’a pas laissé de marge à la dignité. Il est seulement une plainte douloureuse. L’aura d’exaltation et de terreur pure qui l’entoure étouffe les approches et éloigne les mains secourables. Il se complait dans sa souffrance, embrasse sa démence. Ce qu’on lui offre ne peut atteindre le degré de tourment, de bonheur qu’il atteint seul avec ses démons. Son cœur desséché, son âme craquelée n’ont plus la place nécessaire pour contenir les fruits d’un espoir de rédemption.

Il s’enfuit, inconsciemment. Loin de cette bonne humeur qui réveille en lui les cadavres de ses joies passées. Il regrette déjà d’avoir ouvert la bouche, d’être venu se perdre ici.

Manger, c’est vivre.

Et lui a déjà renoncé à la faim depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Lun 6 Déc - 5:39

Un oeil unique parvient parfois à mieux voir la réalité.

Suguru était devenu borgne suite à cet horrible accident qui l'avait privé de ses parents. Il n'avait jamais éprouvé la moindre rancune et ne détestait personne à cause de cela. Sans doute était-il trop naïf ou trop stupide. Peut-être les deux à la fois. Mais perdre un oeil lui avait ouvert la porte vers une autre perception. Les clients autour d'eux ni prenaient pas gare mais le rouquin voyait très bien. Il voyait parfaitement la douleur et la souffrance du ninja. Il voyait son envie de fuir à tout prix. Il percevait ses tremblements, sa gêne et son regard fuyant. Il était pourtant si discret mais en même temps, sa peur transpirait de tous ses pores. Etait-ce pire que d'habitude ? Le jeune homme avait toujours traîné autour de lui une aura sombre qui semblait faire fuir les gens. Sa souffrance était telle qu'il mettait les autres mal à l'aise. Mais pas Suguru. Le rouquin n'était pas impressionné par cette aura. Au contraire. Il avait envie de briser cette horrible bulle qui semblait maintenant le ninja prisonnier. Il voulait la traverser et attraper Subaru par la main pour le tirer vers le haut, pour l'empêcher de s'enfoncer plus encore dans des ténèbres qui semblaient vouloir se nourrir de lui.

Car c'était bien de cela qu'il s'agissait. Les ténèbres semblaient vouloir dévorer l'âme d'un être déchiré par la souffrance et le détruire totalement jusqu'à recracher une coquille vide. Jamais Suguru ne pourrait admettre cela. Il avait l'impression que chaque retour de mission empirait le phénomène. Personne n'était donc là pour le tirer de cette mort qui le harponnait si fort ? Et qu'en était-il donc de la fraternité entre ninjas ? N'était-ce donc que des foutaises pour pousser les gamins à entamer leur enseignement ? Quand l'un d'eux se noyait, on le laissait crever à petits feux sans se préoccuper de lui ?

Les sourcils froncés d'inquiétude, Suguru, qui avait pourtant décidé de laisser les choses se faire et de ne pas s'imposer au ninja, prit la décision de prendre le taureau par les cornes. Lui n'avait pas peur. Lui acceptait de se laisser entraîner dans cette spirale sombre parce qu'il savait qu'il en ressortirait en vie et avec lui. Il ne savait pas quelles souffrances il lui faudrait affronter mais il les avait acceptées depuis le premier jour où il l'avait rencontré.

L'aura de terreur qui l'entoure n'effraie en rien le jeune rouquin. Bien au contraire. Pour le moment, la commande était bien loin de ses préoccupations. Bien que Subaru lui avait demandé de choisir pour lui, Suguru n'en était plus là. Son visage se décrispa et il posa sur le ninja un regard plein de douceur. Certes, ce dernier ne pouvait le voir en ayant la tête baissée mais le borgne était persuadé qu'il en ressentirait la chaleur.

Un simple regard alentour lui fit savoir que personne ne se préoccupait d'eux. Il tendit la main gauche, la présenta lentement dans le champ de vision de Subaru pour ne pas le surprendre et se posa sur les mains du ninja qui tremblaient de maladresse et de gêne sans doute. Le jeune serveur les pressa avec tendresse, sans forcer, juste pour lui faire ressentir sa chaleur et sa lumière. Pour l'attirer un peu vers lui, vers son aura à lui. Pour qu'il puisse quitter l'espace de quelques secondes l'obscurité.

" Tout va bien aller, Subaru ... " lui murmura-t-il avec un doux sourire.

Il l'avait appelé par son prénom pour lui faire comprendre qu'il était là, qu'il voyait et qu'il serait son épaule s'il avait besoin de s'appuyer contre quelqu'un. Il venait de faire son choix et son désir se tournait vers Subaru Masora. Même s'il ne savait pas dans quoi il mettait les pieds, il savait d'ores et déjà qu'il n'aurait aucun regret.
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mar 4 Jan - 11:21

Une main tendue, un recul. Pour mieux replonger dans son abîme tourmenté.

La morsure brûlante de sa main sur les siennes le glace, tout entier. Il relève la tête, surpris, terrifié peut-être. Sa peau est froide, contre Suguru. Il est un cadavre en décomposition. Déambulant dans les rues, survivant sans réellement vivre, incapable de se mêler aux vivants. Mais il y a cette main sur la sienne. Ce geste anodin et si douloureux. Car il l’oblige à revenir parmi eux, un peu. A mettre un peu de distance entre cette fin qu’il attend et qu’il craint et sa volonté vacillante. Il lui rappelle que malgré ses efforts, il est toujours là. Il lui rappelle qu’il est encore en vie. Et plus que les missions qui s’enchaînent, que la mort qui se déchaîne, c’est l’idée d’être là, encore toujours, diffusant derrière lui ce parfum de souffrance, de peur, souillant à chaque respiration ceux qui l’entourent, frappant à chaque pas cet air impur, qui met fin à sa douce indifférence. Et il y a cette voix… Sa voix.

Ses mots le font rire. Le font mourir. Ils contiennent cet espoir, insensé, vain, auquel il ne veut plus s’accrocher. Une promesse illusoire. Réconfortante dans ses mensonges. Rassurante dans son impuissance. Il secoue la tête, désabusé, désillusionné.

« C’est vrai, tout ira bien. Comme cela a toujours été le cas, jusqu’à présent. »

Une amertume à peine voilée, si peu déguisée. Il ne cherche pas à se laisser happer, à laisser son faible masque se fendiller. Sa chaleur, ses mots, glissent sur les parois infranchissables qu’il s’est dressées. Trop faibles pour ébrécher la glace. Assez forts pour que son regard s’ancre dans le sien, pourtant. Assez forts pour qu’il ne retire pas ses mains, qu’il ne lui tourne pas le dos, qu’il n’essaie tout simplement pas de le fuir. Et puis il voit. Cette détermination, dans l’émeraude pure. Elle le met mal à l’aise, comme toujours. Lui qui aime tant sa solitude, ne se résout pas à l’abandonner. Lui qui aime tant son monde d’illusion, son cercle de souffrances, ne veut pas encore le briser. C’est celui qu’il a créé. C’est cet être qu’il a façonné, brisé, qui occupe chaque jour le corps qu’il a délaissé. C’est le cœur qu’il a si bien lacéré, déchiré, jusqu’au point où il n’y reste plus que son image, qui bat encore faiblement, sourdement, à ses tempes. Il n’a rien à lui offrir. Rien à lui donner, si ce n’est solitude et agonie.

Alors pourquoi ? La question se lit dans ses yeux, se répercute dans un murmure désespéré. Il souhaiterait s’excuser de ses paroles si peu délicates, de ses manières trop distantes. Il voudrait lui rendre sa gentillesse, ses sourires. Mais il en est incapable, comme il a été incapable de les sauver. Tous. Comme il a été incapable de se sauver. Et il ne veut plus, ne veut plus. Il ne veut plus entraîner personne dans le cercle sans fin des douleurs et des amours. Il ne veut plus blesser d’innocent, devenir bourreau involontaire, ressentir de sentiments-chimères. Il ne comprend pas, tout simplement. Cette décision, ce désir de rester auprès de lui. De vouloir se fondre dans ses ténèbres, de s’approcher de celui qui a été maudit, qui a été sali. Il aurait peut-être préféré que Suguru ressente ce rejet, comme tous ceux qui le côtoient. Il aurait peut-être préféré qu’il ne croise pas sa route, parce qu’elle ne le mènera nulle part. Il est un mort en sursis, attendant une fin qu’une seule personne aura désormais le droit de lui offrir. Et il se met en travers du chemin. Inconscient, téméraire. Suicidaire ? Les questions se déchaînent, l’enchaînent sans qu’il ne puisse se résoudre à simplement le repousser. Il est incapable d’éloigner cette main tendue. Cette humanité qui en est presque douloureuse, tant elle est éloignée de ce qu’il ressent, de ce qui l’entoure. Il ne voit dans son regard ni les fragments de son âme mutilée, ni les démons de son passés. Ses montres, à lui, n’ont pas pris le dessus. Il a su les dompter.

Mais le sien ne peut être annihilé. Seule la mort lui apportera cette rédemption. C’est son propre reflet, son propre être qu’il devra faire disparaître pour que meure avec lui l’ombre cruelle et méprisable qui n’a de cesse de le torturer. Et il ne veut pas emmener dans son sillage ce garçon, cet homme. Il esquisse un sourire. Figé, certainement. Ses lèvres ont perdu l’habitude de s’incurver, de perdre leur rigidité pour adopter une autre expression qu’une ligne amère et fine. Mais sa rare sincérité se lit sur son visage, malgré l’ombre planant toujours, malgré l’absence dans son regard.

« Je n’attends plus de bien. J’attends seulement… »

Il laisse sa phrase en suspens. Seulement… le moins pire ? La fin ? Le vide ? Il ne sait plus exactement. Tout se fausse, petit à petit. Ses yeux s’assombrissent, encore, alors que son sourire devient lointain. Il le voit sans vraiment le regarder. Note quelques détails, comme les reliefs sur la table, les mèches rebelles, flamboyantes, la dureté du sol, le regard lumineux, le bruit discret de son pied qui rafle le sol, le sourire rassurant qu’il trouve presque irréel et qui lui est adressé. Il finit par hausser les épaules, sans continuer. Il n’a pas envie de s’étendre, de lui laisser entrevoir un peu plus l’épave qu’il est devenue, la fêlure dans son être décharné.

« … rien, sans doute. Quand on n’attend plus rien, il est certain que tout va bien aller, n’est-ce pas ? »

Sa voix est légère. Il tourne en rond, s’empêtre dans ses pensées. S’amuse sans doute de ses illusions perdues, depuis qu’il s’est défait de ses rêves et de ses espoirs. Il se sent vide, comme à chaque fois. Et le trou béant, sanguinolent, dans sa poitrine, ne peut être soigné par le venin de l’affection.

Après tout, il est un moins que rien. Alors ce rien a peut-être encore une valeur.
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mar 4 Jan - 14:51

On ignore souvent ce que l'on veut vraiment.

La froideur de la peau de Subaru complétait la froideur de son aura. Tout n'était que glace et tristesse et tout cela ne donnait encore plus envie à Suguru de le saisir, de l'enlacer avec ferveur et de lui donner de sa chaleur. Il souhaitait le noyer dans sa propre aura afin que la souffrance disparaisse et que le sourire crispé qu'il lui offrait devienne sincère et aisé. Rêvait-il ? Sans doute. Il semblait si difficile d'atteindre ce coeur que le rouquin pourrait en être découragé. Mais il n'était pas homme à abandonner. Au contraire. Surtout quand ses sentiments étaient sincères et bien réels. Subaru ne finirait pas par s'enfoncer dans ses ténèbres sans qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit. Il en était hors de question.

Même si son rire semble moqueur et déplacé. Même si ses paroles sont froides et amères. Il hésita un instant, se demandant s'il devrait retirer sa main et retourner à sa vie de cuisinier mais le fait que le ninja ne retira pas ses mains, qu'il ne prit pas la fuite conforta Suguru. Il n'abandonnerait pas. Il pourrait lui parler mal, lui faire des reproches, le frapper s'il le voulait, il n'abandonnerait pas. Sa main serra un peu plus celles de Subaru pour lui montrer que rien ne le fera reculer. Qu'il avait pris une décision qu'il ne regrettait pas et qu'il ne comptait pas regretter.

Au murmure, il garda le silence. Que répondre ? Lui ne savait même pas pourquoi il se lançait dans cette course. Il ne savait pas vraiment pourquoi il voulait mettre sa vie entre paranthèses pour s'occuper de cet homme meurtri qui ne demandait rien à personne. Mais Suguru le désirait ardemment. Maintenant qu'il le touchait, il voulait glisser son autre main dans ses cheveux sombres pour le réconforter, il voulait le blottir contre lui pour le cacher des autres. Mais ici, il ne le pouvait pas. Il se contentait donc de presser ses mains de la sienne, de ne pas lâcher, de rester là autant de temps qu'il le faudrait.

Son oeil unique ne quittait pas le regard perdu. Il s'accrochait à lui et l'inondait de sa chaleur. Il lui montrait à quel point il était déterminé, à quel point il ne faillirait pas. Il était à lui, tout entier. Il était tombé sous le charme dès leur première rencontre.

Alors Subaru reprit la parole, oubliant le ton un peu dédaigneux, oubliant les paroles amères. Non, tout n'irait pas bien. De sa main libre, Suguru effleura tendrement la joue du ninja en une caresse aérienne et brève avant de la laisser retomber sur le comptoir.

" On attend toujours quelque chose mais parfois, on ne sait pas vraiment ce que l'on attend, ou on se le cache .... "

Il sentait la peau de Subaru se réchauffer sous la chaleur de sa main et même si c'était normal d'un point de vue pratique, c'était le début du réchauffement du coeur et de l'âme. Une infime partie. Mais une partie tout de même. Pour preuve que le ninja était toujours là à le regarder dans les yeux à un point où Suguru en perdit totalement pied dans la réalité. Il n'y avait plus l'échoppe, plus les clients qui bavardaient pourtant autour d'eux. Son monde s'était réduit à Subaru Masora.

" Moi j'attends votre venue chaque jour. J'attends de vous voir passer la porte, j'attends votre retour à chaque mission. J'attends d'avoir encore plus de courage pour happer cette douleur que je lis dans vos yeux. J'attends de trouver le courage de venir frapper à votre porte pour vous étreindre si fort que je pourrais vous étouffer. "

Il en esquissa un sourire un peu amusé alors que ses pommettes se coloraient légèrement.

" Mais de vous, je n'attends rien que vous ne puissiez me donner. Je n'attends pas que vous soyez différent, que vous acceptiez ce que vous n'acceptiez pas, que vous répondiez à ce que je vous offre. "

Son sourire se fit un peu gêné et bien qu'il rougissait un peu, il n'en avait pas honte pour autant. Il était sincère, il l'avait toujours été et le serait sans doute toujours.

" Vous voyez, tout le monde attend toujours quelque chose .... "
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mar 4 Jan - 15:26

Un compte à rebours, toujours. Avant le vide et la délivrance.

Il se lève, sans pouvoir s’en empêcher. Bouscule sa chaise, attire quelques regards, sans doute. Son expression est neutre. Son regard crie son effroi, son incompréhension. Plus que ses gestes chaleureux, ses paroles le font vaciller. Comme si un trop plein de générosité, un trop plein d’amour mettrait définitivement fin au simulacre de son existence. Il a détourné le regard, presque instinctivement. Il voudrait également se boucher les oreilles, faire arrêter son cœur meurtri. Il n’est pas prêt, pas prêt. A revivre. A accepter ce que ce garçon lui donne. Il est différent. Si différent. Ses yeux se posent sur lui, encore. Toujours. Il revoit des cheveux noirs, au parfum acre de cigarette. Il revoit des lunettes foncées, cachant un regard moqueur. Il revoit une peau pâle, des lèvres courbées en un sourire narquois. Et ses yeux, aveuglés, douloureux, font doucement partir cette image pour vraiment regarder celui qui lui fait face. Sans fausse comparaison, sans fausses excuses. Il est si différent de lui que c’en est douloureux, physiquement. Ne sent-il pas son sang tambouriner, sourdement, à ses tempes ? Ne sent-il pas sa respiration devenir sifflante, suffocante ? Il ne peut tout simplement pas se résoudre à le remplacer, de quelque façon que ce soit.

Il voudrait lui dire tout cela. Le mettre en garde, réellement. Il n’y a rien à gagner à la réconforter. Il a tout à perdre à le côtoyer. Et Suguru ne le mérite pas. Il n’a rien en commun avec son monde terne et sombre. Il a traversé ses propres épreuves, sans se laisser happer par le chant de sirènes mensongères et cruelles. Subaru ne veut pas être celui qui le fera sombrer. Subaru ne veut pas être celui qui ne pourra s’empêcher de le blesser.

« Pourquoi se contenter de cela ? Tout est vide. Et vous pourriez vous contenter d’une autre âme en peine, pour la tirer de là où elle est. Quelqu’un d’autre, qui vous attendrait, vous aussi. Il est si facile, à chaque coin de rue, rencontrer une personne qui mériterait d’être sauvée.»

Il se tait, confus. Se mord la lèvre, gêné. Il ne voulait pas. Il ne voulait pas s’exprimer de cette façon. Ses mots sonnent méprisants, froids. Mais il ne peut rien donner d’autre. Rien attendre d’autre. Il ne veut pas que l’on le sauve. Il n’a pas besoin de compassion, d’une raison de vivre, d’attendre. Son rien lui suffit. Il vit avec chaque jour, s’endort en y pensant chaque soir, s’y perd en tremblant chaque moment. Il ne supporterait pas qu’on le lui enlève. Malgré ses mots rassurants. Malgré tout. Il ne peut tout simplement pas s’autoriser à se laisser aller.

Il se rassoit, un peu perdu.

« Je suis désolé. Je ne voulais pas dire cela et… je ne voulais pas non plus me lever… ainsi. »

Sa voix est un peu sèche, un peu rauque. Il a l’impression que ses lèvres sont craquelées, que son visage est plus pâle que d’habitude. Il sent quelques regards posés sur sa nuque. Lancinants, douloureux. Des coups de poignards, faits de curiosité et d’incompréhension. Malsains. Il est corbeau de malheur, incompris. C’est pour cela qu’il fuit, qu’il s’enferme. C’est pour cela qu’il parle à voix basse, se fait discret.

« Vous ne savez pas dans quoi vous vous engagez. Vous ne diriez pas ces mots si vous saviez réellement…»

Il esquisse une grimace, vaguement. Son regard est plus précis, plus lucide. Il laisse ses paroles se frayer un chemin jusqu’à lui. Les quelques lambeaux de conscience qui lui restent sont suffisants pour qu’il veuille l’éloigner de lui. A tout pris. Pour éviter lui-même de se brûler les ailes, à s’approcher trop près. Parce que sa chute est déjà prévue. Il n’a pas besoin de lui. Mais il ne se résout pas à le chasser, à le rejeter.

« Vous voyez, tout le monde attend toujours quelque chose .... »

Il retient un soupir. Il frappe là où ça fait mal. Là où la plaie béante refuse de se refermer. Il se rend compte, douloureusement, qu’il est toujours incapable de totalement lâcher prise. Qu’il espère encore quelque chose, sans doute. Mais il ne se donnera pas la satisfaction, la joie, le malheur de simplement réapprendre à vivre.

Alors ce qu’il attend devient flou, vague, pour qu’il ne se blesse plus avec de vaines illusions.
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mar 4 Jan - 21:09

Un instant, Suguru regretta ses paroles. La réaction de Subaru l'avait tant surpris, tant pris au dépourvu qu'il avait craint avoir dit quelque chose qui aurait pu le blesser. Mais il avait été honnête. Vraiment. Même s'il n'avait pas tout avoué, tout ce qu'il avait dit avait été honnête. Voilà pourquoi il ne s'égara pas en excuses inutiles. Il n'avait pas à s'excuser de dire ce qu'il ressentait. Son regret le quitta alors et il ne tenta pas de calmer le ninja. Il le laissa agir à sa guise, parce que cette réaction prouvait qu'il était vivant et qu'il ressentait encore des choses. Prendre peur de cette façon face à des sentiments, tenter de fuir sans réussir, c'était ressentir. Il ressentait encore des choses et ces choses avaient un lien avec lui, petit cuisinier borgne qui semblait naïf à force de trop sourire. Mais là, il ne souriait plus. Il regardait simplement cet homme qui tentait de le fuir sans pour autant y parvenir.

Contrairement à ce qu'il était en train de dire, rien était vide. Sinon, il n'aurait jamais réagi de la sorte. Il n'aurait pas bondi de sa chaise, il ne lui parlerait pas sur ce ton, un ton hargneux, méchant, destiné à le faire fuir. Mais Suguru ne comptait pas fuir. Il affronterait sans reculer. Parce qu'à ses yeux, Subaru en valait la peine même si le ninja lui-même en doutait plus que tout. Il ne peut pourtant pas s'empêcher de ressentir un pincement au coeur. C'était normal de souffrir quand la personne qui comptait tant souffrait également. Subaru ne s'en rendait surement pas compte mais peu importait, en fait.

Quand il se rassit, Suguru se surprit à respirer de nouveau. Il pensait que le ninja aurait claqué la porte de l'échoppe et il s'était préparé à le poursuivre dans la rue jusqu'à le rattraper et lui dire tout ce qu'il avait sur le coeur, à l'abri des oreilles indiscrètes, à l'abri des regards de ceux qui ne pourraient pas comprendre. Mais Subaru s'était rassit et Suguru remit son plan à plus tard. Il avait tout son temps. Il irait au rythme qu'il faudrait. Il avait lancé un fil, il suffisait simplement que le ninja veuille bien s'en saisir et il verrait ainsi comment envisager la suite. Mais tout lui semblait bien compliqué mais extrêmement facile à la fois.

Subaru fuyait par ses mots mais désirait rester par ses gestes. Il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait et Suguru espérait être capable de l'aider à trouver.

Il s'excusa et le rouquin en écarquilla légèrement les yeux. Subaru était en train de se saisir de ce fil qu'il lui tendait. Il était hésitant, certes mais il l'attrapait. Serait-il en train de l'accepter auprès de lui ?

" Ce n'est rien. " le rassura-t-il sans ajouter quoique ce soit d'autre. L'incident était clos et les regards curieux semblaient se détourner d'eux. Ce n'était pas un mal car il voyait bien à quel point être le centre d'intérêt de tous semblait le mettre plus que mal à l'aise. Alors il garda le silence pour l'écouter parler attentivement, captant sa voix basse et ses mots.

Suguru se pencha pour capter son regard et posa à nouveau sa main chaude sur la main du ninja. Un geste doux, plein de chaleur, tout comme le sourire tendre qu'il lui offrait.

" Et vous ignorez ce que je sais. Vous ignorez ce que je vois et vous ignorez ce que je ressens. Ces mots, je vous les dirai autant de fois qu'il sera nécessaire pour vous en convaincre. Je serai votre garde-fou. . "

Il se mordilla la lèvre et ses doigts caressèrent la peau froide pour se retirer. Il ne voulait pas imposer un contact qui pourrait le déranger.

" Mangez quelque chose. Je vous raccompagnerai chez vous après. "

Et il était hors de question de refuser, il n'avait pas le choix !

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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mer 5 Jan - 20:06

Un légèrement vacillement, une flamme soufflée. Pour que renaisse une lumière d'espoir.


Il se demande jusqu’où Suguru ira. Jusqu’à quel point il sera capable e supporter ses lubies, sa folie. Jusqu’à quel point il arrivera avant de lâcher prise. Car il n’en doute pas. Fatalité et résignation accompagnent ses pensées moroses, alors qu’il ne se résout pas à retirer ses mains, à l’éloigner de lui. Quoi qu’il en dise, il ne le repoussera pas. Il est trop faible pour cela. Il a toujours été trop faible. Les décisions du passé se confondent avec ses songes du moment et il se surprend à espérer. Juste un peu. Un chemin entrouvert par son sourire lumineux, par la douce chaleur de sa compassion et de son réconfort. Il est prêt à espérer, à espérer, pour mieux plonger par la suite. Tout n’est qu’un éternel recommencement. Qui est-il pour lutter contre la cruauté de la vie ? Qui est-il pour refuser ce que Suguru lui offre, pour lui faire miroiter davantage ses blessures, ses fêlures, alors qu’il se dit prêt à les accepter ?

Il ne croit plus en ses mots, pourtant. Leur sens a disparu, pour lui, depuis bien longtemps. Il n’en perçoit que la mélodie diffuse, changeante, qui embrase les restes du feu éteint qui couve encore en lui. Peut-être sera-t-il capable d’enflammer cette fragile étincelle. Peut-être, au contraire, le noiera-t-il. Définitivement. Le risque est sien. Car Subaru n’a plus rien à perdre. Car Subaru est déjà lassé, fatigué, de chercher encore et encore à aimer.

« Je ne vous comprends pas. »

Un aveu, du bout des lèvres. C’est vrai. Il est incapable de saisir ce qui le pousse à rester près de lui, à vouloir l’aider. Lui, ce qu’il voit dans le miroir, c’est le monstre décharné, brisé. Or et émeraude. Un regard dépareillé, un corps fatigué, une âme éthérée. Une ombre. Que peut bien voir Suguru, dans cet être qui ne se comprend pas lui-même ? Qu’espérer de sa part si ce n’est défaite et abandon ? Il semble pourtant prêt à prendre le risque. A l’accepter, tel qu’il est. A voir à travers, à garder les yeux ouverts. Quelque part, il lui en est reconnaissant. Le sentiment lui semble si lointain, si peu familier, qu’il en a du mal à y mettre des mots. C’est comme marcher à nouveau après une longe paralysie. C’est comme une bouffée d’air frais, à la sortie d’eaux sombres et glaciales. C’est comme un feu de cheminée après avoir traversé une tempête de neige. C’est chaleureux et doux, on en perd la voix, on n’y croit plus. Une délivrance qui n’apporte ni souffrance ni peine. Simplement le sentiment de libération, de savoir que l’on n’est plus seul.

Il aurait voulu exprimer tout cela. Mais il n’y arrive pas. Sans doute parce qu’il n’est lui-même pas prêt à l’accepter. Il ne renoncera pas si facilement. Il est tellement plus facile de s’enfermer que de se laisser soigner. Ses quelques repères voleraient en éclat. Et il les perdrait. Lui, eux. La panique habituelle, la crainte de perdre ses chers souvenirs reste toujours présente. Pourtant, quand il plonge son regard dans celui, vert, de son vis-à-vis, il laisse cela de côté. Quand il voit sa main posée sur la sienne, il se sent rassuré. Pas assez pour réussir à le remercier, à voix haute. Juste assez pour laisser son visage s’adoucir et sa main se refermer sur la sienne. Un geste discret, une petite victoire. Il voit une faible lueur. Celle qu’il n’osait espérer.

« Mais vous me semblez bien décidé. »

Une suspicion à peine voilée, pour masquer sa gêne. Sa gratitude. Son regard est un peu plus fixe, plus précis. Plus vivant, sans doute, l’espace d’un instant. Avant que les nuages de ses angoisses, de ses obsessions, n’assombrissent à nouveau son visage. Parce qu’un faible rayon de soleil ne suffira pas, bien sur. Il le réchauffera un moment, avant de s’en aller. C’est l’image qu’il a, l’idée que cette conversation lui fait. Il est pourtant prêt à le laisser entrer dans sa vie, un moment. Il sait qu’il partira de lui-même et il ne le retiendra pas. Pour briller ailleurs, après avoir un moment illuminé ses ténèbres.
C’est ce qu’il se dit, se promet. Avant de se laisser aller, un peu.

« Je fais généralement fuir les autres, mais cela ne semble pas vous atteindre. »

Il le regarde, intrigué. Il ne veut pas revenir sur ses paroles, ne veut ni lui donner confirmation, ni lui donner tort. Il accepte simplement de le laisser entrer dans son monde, de lever quelques voiles. La curiosité, humaine, impossible à chasser, a pris le dessus sur sa crainte. Lui qui se répète qu’il n’a plus rien à attendre ou à perdre, est convaincu qu’il ne peut plus se risquer, s’oublier, à de nouveau pouvoir ressentir. Il se croit protégé. Présomptueux, arrogant dans ses pensées désespérées. Il ne s’abandonne pas par lassitude. Pas par conviction. Mais seulement parce qu’il se sent touché, intrigué, par ce garçon qui lui ressemble si peu mais qui est pourtant capable de lui parler.

« Bien. Si vous acceptez de me parler de vous, un peu. »

Une condition puérile, un sourire léger. Toujours un peu lointain, toujours un peu confus. Mais sans trace d’hostilité, si ce n’est la franche curiosité d’en apprendre un peu plus, sur lui.
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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Ven 21 Jan - 21:13

Son propre grand-père ne le comprenait parfois pas alors Suguru ne s'attendait pas à ce que cet homme puisse le comprendre. Là n'était pas le but. Mais il était pourtant ravi de le voir communiquer, de le voir rester, de le voir s'accrocher à sa main. Il le toucherait volontiers toute la journée. Il lui parlerait volontiers toute la journée. Il pourrait même l'étreindre sans aucun souci chaque nuit pour lui faire oublier les cauchemars, pour lui permettre de dormir sans crainte, de se sentir apaisé. Il n'y avait rien de plus à comprendre. Suguru ne demandait pas à Subaru de lui rendre ses sentiments. Il était déjà tellement dérangeant qu'un homme puisse en aimer un autre ! Un ninja devait être à mille lieues de ce genre de considérations ! Pourtant, il ne s'en cachait pas. Dans son oeil unique, il était aisé de lire à quel point il était attaché à cet homme à qui il parlait réellement pour la toute première fois alors qu'il l'observait depuis des années.

Oui, il était décidé et un sourire plein de douceur flottait sur ses lèvres. C'était vraiment bien que Subaru s'en rende compte. Il fallait qu'il sache que le rouquin n'abandonnerait pas. Il faudrait qu'il sache qu'il attendait cet instant depuis vraiment très très longtemps. Mais jamais il ne le forcerait à rien. C'était sans doute ça, l'amour. Aimer la personne, faire en sorte qu'elle soit heureuse même si ce n'était pas avec soit. Mais Suguru savait pourtant qu'il pourrait rendre le sourire au ninja. Il savait qu'il était fait pour lui. Il était à lui. Il l'avait choisi.

Son sourire ne le quitta pas quand Subaru lui avoua qu'il faisait généralement fuir les autres. La main libre du borgne se leva et vint effleurer la joue du ninja en une caresse des plus légères avant de retirer sa main.

" Non, ça ne m'atteint pas. " répondit-il avec douceur, ses doigts se serrant sur la main du ninja. Il avait une impression de normalité qu'il n'avait jamais ressenti, comme si lui tenir la main était un geste banal entre eux, comme s'ils devaient être proches. Comme si le toucher était .... normal.

Et la condition fut posée, accompagnée d'un sourire, certes mince mais pourtant présent. Un sourire qui fut des plus importants pour Suguru. Son sourire à lui se fit plus large et nettement plus amusé. Subaru l'ignorait encore mais Suguru pouvait parler pour deux sans problèmes ! Un vrai moulin à paroles !

" A vos risques et périls. " le prévint-il amusé, avant de lancer à son grand-père qu'il prenait sa pause. Le vieil homme ayant un peu suivi ce qui se passait ne trouva rien à redire et le laissa faire. Suguru avait le coeur sur la main et il comprenait à présent l'importance qu'avait cet homme pour lui.

Suguru, quand à lui, s'installa au comptoir en face de Subaru, sa main tenant toujours la sienne.

" Papy va nous préparer le déjeuner et on va pouvoir papoter. Parce que si on parle, faut vraiment que vous répondiez. Il parait que je peux parler pour quatre et que c'en devient vite fatiguant mais j'ai toujours quelque chose à raconter. Et puis en plus vous voulez que je vous parle de moi ! Je suis intarissable ! Surtout quand j'en viens à parler de vous. Parce que depuis la toute première fois où je vous ai vu, il y a 7 ans, j'ai toujours su que je parviendrai à vous parler un jour. Mais j'étais sans doute sans saveur à l'époque parce que je pense que vous n'avez jamais fait attention à moi ! Mais ce n'est pas grave ! Parce que ça m'a permis de grandir et de devenir un homme suffisamment fort pour prendre soin de vous un jour. Je veux être là pour vous et même si vous pensez que je finirai par me lasser, que je finirai par partir, vous avez tort. Je n'ai pas attendu 7 ans en vous observant de loin pour partir à la première difficulté. "

Il s'arrêta et échappa un rire amusé, les pommettes rougissantes.

" Vous voyez, je parle pour deux. Papy rêve de me bâillonner quelques heures par jour pour avoir la paix ! "

Il souriait toujours, son oeil unique plongé dans les beaux yeux vairons du ninja. Il n'arrivait pas à le lâcher. Il voulait partir d'ici avec lui et l'enlacer avec force loin des regards. Mais il ne pouvait pas.

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MessageSujet: Re: Entre éveil et abandon { PV. Suguru ♥   Mer 6 Avr - 13:42

Une réalisation étouffée, ballottée en tous sens. Sans qu’il n’en voie encore clairement les contours.

Sa voix coule sur lui comme un refrain apaisant. Empreinte d’une douceur qu’il ne reconnaît presque pas, trop perdu encore dans les limbes de ces ténèbres qu’il s’invente de toutes pièces. La lumière vacillante que Suguru représente devient à chaque fois plus forte, à chaque fois plus vive. Il se surprend à vouloir s’en rapprocher, à vouloir l’effleurer. Avant de se rétracter, comme chaque fois. Désespérément terre-à-terre. Inutilement effrayé. Stupidement tourmenté. Parce qu’il s’est trop longtemps fabriqué son monde d’illusions, de démons, pour pouvoir apprécier la chaleur de quelqu’un d’humain, de meilleur que lui. Il ne voit que les cadavres qui lui sourient, qui l’appellent de plus en plus fort. Il n’a vécu que par ses spectres délaissés, par ses colères glacées. Il ne s’autorisait pas à accepter les mains tendues. Se contentant, au contraire, d’attirer plus bas encore ceux qui touchaient déjà les enfers.

Il pense toujours ainsi. Sans aucun doute. Il ne pourra pas effacer d’un sourire ses années de peine. Il ne pourra pas gommer d’une parole réconfortante son univers macabre, sa lente désillusion. Mais il sait qu’il peut encore le relier à ce monde auquel il ne souhaite plus s’accrocher. Ceux qui bougent au rythme de ses pas, qui respirent encore ce monde corrompu le laissent de marbre. Les échos de leurs voix ne l’atteignent pas. Mais il est prêt à laisser Suguru devenir l’une des rares personnes à encore avoir de l’influence sur sa conscience brisée. Lui permettre peut-être de panser ces plaies qui ne sont pas aussi étendues qu’il le croit. Parce qu’il s’y noie, préfère amplifier leur muette douleur au lieu de se relever. Il a toujours été le plus faible, le plus pitoyable. Et même dans la mort, cette idée fixe le poursuit encore. Asséchant toute source de renouveau et de renaissance.
Alors il se dit qu’il pourrait accepter son aide. Le laisser apaiser, soigner, sans s’écorcher davantage l’âme à ce qu’il ne peut plus atteindre. Les ombres qui l’entourent peuvent l’accompagner, s’il a en contrepartie sa présence pour les amenuiser. C’est un petit pas, certes. Mais qu’attendre d’un cadavre en sursis, d’un être comme lui alors qu’il est prêt à tout laisser brûler derrière lui ?

Il changera peut-être d’avis. Il regrettera peut-être un sentimentalisme qu’il avait refoulé. Après tout, les risques qui l’ont guetté pendant son enfance, son adolescence, sa vie toute entière le font frissonner. Il se rappelle de sa voix. Il n’y a que deux façons d’aimer. Tuer la personne que l’on aime ou être tué par elle. Il ne sait pas encore si tout sera vérifié. Il a déjà fait la moitié du chemin, emmène avec lui les restes sanguinolents d’une réalité que Seishiro aura su lui prouver. Mais il refuse parfois de croire au reste. De confirmer cette partie qui le remplit à la fois d’espoir et d’amertume. Il essaie de la fuir, le plus possible, se heurtant aux obstacles qu’il dresse lui-même. Se relevant toujours. Malgré son désir de s’arrêter, de tout abandonner.

Il se dit qu’il aimerait se relever pour que sa vie inutile serve à Layn. Il se dit qu’il pourrait se relever à la mémoire de Hokuto. Il se dit qu’il pourrait se relever à la mémoire de Seishiro. Mais en cet instant précis, il se dit seulement qu’il se relèvera pour Suguru.

« En fait, je ne m’attardais jamais longtemps, ici. »

Trop de monde. Un concentré de joie, de bonne humeur qui lui donnait la nausée, qui lui martelait cruellement à quel point il était seul et désemparé. Il est trop lâche pour le dire à voix haute, trop accroché à ses silences entrecoupés de murmures pour noyer de paroles différentes de reproches et de vains conseils ceux qui lui font face. Il est pourtant reconnaissant à Suguru de ne pas le laisser dans son malaise perpétuel. De le hisser avec lui, encore une fois.

« Peut-être que si nous nous étions parlé plus tôt, cela aurait été différent. »

Une réflexion désabusée, qui lui échappe sans qu’il ne puisse la retenir. Vite étouffée sous un rire las.

« Oubliez. » Une brève inspiration, un souffle. « Vous me donnez l’impression d’avoir été quelqu’un qui avait de la valeur pour vous, alors que pourtant, nous ne nous connaissons pas. Les personnes que je côtoie aujourd’hui ne pensent pas de cette façon. La seule valeur qu’elles voient se résume aux cadavres empilés, aux morts arrachées. Et leurs seules connaissances sont les regrets qui les submergent, quand les souvenirs se font trop insistants pour les laisser continuer à vivre. C’est étrange, pour moi, de vous entendre parler. »

Il esquisse un nouveau sourire. Un peu moins forcé. Un peu plus douloureux, peut-être. Teinté de la mélancolie et du regret de l’innocence perdue.

« Mais réconfortant, aussi. Je me fais l’effet d’un vieillard en fin de vie, rongé d’amertume. »

Il réprime une grimace blasée, un autre commentaire ennuyé. Incapable de rebondir, de parler aussi naturellement que Suguru ne l’a fait. Ses uniques paroles sont creuses, insipides, empoisonnées du goût de son désespoir enfantin et risible. Il a l’impression d’être l’enfant capricieux et égocentrique face à une personne qui voudrait lui ouvrir les yeux, lui permettre de voir enfin le monde dans lequel il s’aveugle depuis tant d’années.

Quel dommage qu’il soit si mauvais élève.
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